Qui fait autorité pour Albert Einstein?



Pendant la seconde moitié de sa vie, s’il reste dans le débat de la Physique qui se construit, Einstein ne crée plus. Il développe par contre une importante réflexion politique : il milite pour la paix, pour le sionisme, contre le nazisme…

Il ne fait pas confiance aux  nations, ni aux hommes politiques qui les dirigent. Ils n’ont pour lui qu’une autorité arbitraire parce qu’ils l’ont acquise par des méthodes discutables. Ainsi, dans une lettre à Freud, il écrit : « …, le sort des nations dépend semble-t-il, inévitablement d’hommes politiques sans aucun scrupule et sans aucun sens de la responsabilité.  

Ces chefs politiques obtiennent leur place soit par la violence, soit par des élections populaires. Ils ne peuvent pas apparaître comme une représentation de la partie intel-lectuellement et moralement supérieure des nations. Quant à l’élite intellectuelle, elle n’exerce aucune influence sur le destin des peuples. »

A plusieurs reprises, Einstein propose la création d’associations susceptibles de conduire les peuples avec plus de sagesse, en faisant valoir le point de vue des intellectuels. Il définit ainsi ce qui, pour lui, ferait autorité.

Dans sa lettre à Freud, il propose la formation d’une association internationale libre, composée de personnalités, pour soutenir les actions de la S.D.N. : « Je suis persuadé que les hommes exceptionnels, jouant le rôle de maîtres grâce à leurs travaux (même dans un cercle restreint) participent à ce même noble idéal. »

Dans une lettre à un arabe du 15 Mars 1930, il envisage de réduire les tensions entre juifs et arabes de la manière suivante : « Un « conseil privé » est constitué, auquel juifs et arabes délèguent séparément chacun quatre représentants, absolument indépendants de tout organisme politique.

Ainsi de part et d’autre seraient réunis : un médecin, élu par le conseil de l’ordre ; un juriste, élu par les instances juridiques ; un représentant ouvrier, élu par les syndicats ; un chef religieux, élu par ses semblables. Elles s’engagent [ces huit personnes] par serment à ne pas servir les intérêts de leur profession et de leur nation mais à chercher exclusivement en toute conscience, le bonheur de toute la population.»

 

Valeur intellectuelle, indépendance, désintéressement, rectitude morale, absence de pouvoir coercitif, telles seraient les qualités de ceux qui détiendraient, aux yeux d’Einstein l’autorité authentique.

 

 

 

                                                                                  Yves Lacroix

                                                                                 24 Janvier 2003

 

                                                                                            

   
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Yves Lacroix vit à Bordeaux. Docteur en Physique

 
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