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Le Nobel de physique récompense des travaux sur la formation de l'univers.
Stockholm (AFP), 7 Octobre 2008, 16 : 28.
L'académie Nobel a fait une plongée au coeur de la matière et du Big Bang en décernant mardi le prix de physique à un Américain et deux Japonais dont les travaux éclairent la formation de l'univers il y a 14 milliards d'années.
oichiro Nambu, 87 ans, un Américain né en 1921 au Japon, et qui travaillait à l'institut Enrico Fermi à Chicago, est récompensé pour "la découverte du mécanisme de rupture spontanée de symétrie en physique subatomique", selon les attendus du comité Nobel.
Le principe décrit peut être comparé à la chute d'un crayon posé sur sa pointe qui se trouve, avant sa chute, dans un état de symétrie. Pourtant, même si aucune force ne vient agir sur lui, il finira par pencher d'un côté plutôt que d'un autre.
Les théories de Nambu, utilisées pour calculer les effets de l'interaction forte qui relient entre eux les protons et les neutrons dans les noyaux d'atomes, ont largement alimenté la théorie du "Modèle standard".
Les chercheurs japonais Makoto Kobayashi, 64 ans, et Toshihide Maskawa, 68 ans, expliquent pour leur part que la rupture de symétrie au sein de ce "modèle standard" suppose "l'existence d'au moins trois familles de quarks dans la nature". Les quarks sont une particule élémentaire de la matière qui composent notamment les protons et les neutrons, donc les noyaux d'atomes.
Lors de la formation de l'univers, la matière existait sous la forme d'une sorte de soupe dense et chaude appelée plasma quarks-gluons. En se refroidissant, des particules appelées quarks se sont agglutinées en protons et neutrons et autres particules composites.
La question de la symétrie fait partie des grandes énigmes de la physique. En effet, lors de la formation de l'univers, au moment du big bang, matière et antimatière ont été produites en quantités égales et auraient dû s'annuler l'une l'autre.
Mais "cela ne s'est pas passé ainsi", explique le communiqué des Nobel. "Il y a eu une minuscule déviation d'une particule supplémentaire de matière pour chaque 10 milliards de particules d'anti-matière." "C'est cette rupture de symétrie qui semble avoir permis à notre univers de survivre", poursuit l'académie.
En démontrant l'existence de trois familles de quarks, Kobayashi et Maskawa ont ouvert la voie à une très longue série d'expériences en physique des particules, pour détecter notamment les quarks Beauté et Top.
"La plupart des recherches expérimentales en physique ont pour but de déterminer les paramètres d'une matrice qui porte le nom" des deux chercheurs japonais, a déclaré à l'AFP Yves Sacquin, physicien des particules à l'Institut de recherche sur les lois fondamentales de l'univers, près de Paris.
Certaines propriétés du quark Top, observé pour la première fois au Fermilab de Chicago en 1995, doivent encore être décrite plus finement par le LHC, le grand accélérateur de particules inauguré en septembre près de Genève.
L'année dernière, le Français Albert Fert et l'Allemand Peter Grünberg avaient reçu le Nobel de physique pour leur découverte d'une technologie, la magnétorésistance géante (GMR), permettant de lire l'information stockée sur les disques durs.
Les lauréats du Nobel de physique
recevront le 10 décembre des mains du roi de Suède une médaille en or et un diplôme et se partageront un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros). Le chercheur
américain recevra 5 millions de couronnes et les deux Japonais se partageront en deux l'autre partie.
L'Américain Yoichiro Nambu, un expert en
physique des particules.
Washington (AFP), 14 : 45.
L'Américain Yoichiro Nambu, qui s'est vu attribuer mardi le prix Nobel de physique 2008 conjointement avec les Japonais Makoto Kobayashi et Toshihide Maskawa, est un expert en physique des particules.
M. Nambu, qui travaille à l'institut Enrico Fermi à Chicago, est récompensé pour ses découvertes sur la symétrie en physique des particules. Il s'inscrit dans le "modèle Standard", une théorie qui tente de décrire les particules élémentaires à l'origine de la formation de l'univers lors du Big Bang, il y a 14 milliards d'années.
Né à Tokyo en 1921, Yoichiro Nambu, a reçu un doctorat en Sciences à l'université de Tokyo en 1952. A cette date, il s'est rendu aux Etats-Unis pour travailler à l'Institute for Advanced Study, puis a rejoint l'Université de Chicago (Illinois, nord) deux ans plus tard. Il a acquis la nationalité américaine en 1970.
Professeur depuis 1958, à l'université de Chicago, il en est professeur émérite depuis son départ à la retraite en 1991, et membre de l'institut Enrico Fermi.
Selon le site internet de l'université de Chicago, M. Nambu "a révolutionné les idées scientifiques modernes sur les particules les plus fondamentales et l'espace à travers lequel elles se meuvent".
"Ses théories forment un pilier essentiel de ce que les physiciens appellent le modèle Standard, qui explique de façon unifiée trois des quatre forces fondamentales de la nature: résistance, faiblesse et électromagnétique", poursuit l'université.
"Il a aussi influencé de façon importante le développement de la chromodynamique quantique, une théorie qui décrit certaines interactions entre les (particules) quarks et entre les protons et les neutrons".
M. Nambu est le lauréat de nombreux prix
prestigieux, dont la National Medal of Science américaine, la médaille de physique Benjamin Franklin, le Wolf Prize (Israël), ou encore le prix Max Planck (Allemagne).
Maskawa et Kobayashi, le feu et la glace au service de la physique.
Tokyo (AFP), 7 Octobre 2008, 16 : 21.
T. Maskawa
M. Kobayachi

Makoto Kobayashi et Toshihide Maskawa, chercheurs japonais lauréats du prix Nobel de physique au côté de l'Américain Yoichiro Nambu, sont deux personnalités aussi opposées que le feu et la glace,
aujourd'hui récompensées pour une découverte qui remonte à 35 ans.
Ces deux experts en physique des particules ont commencé leurs travaux au tournant des années 60 et 70, après être tous deux sortis diplômés de l'université de Nagoya (centre).
M. Maskawa, 68 ans, un brillant
mathématicien, et M. Kobayash
i, 64 ans, spécialiste des expérimentations, travaillent ensemble sur la fameuse "rupture de symétrie" entre matière et antimatière au moment du Big Bang, un
phénomène étonnant dans lequel les chercheurs voient une cause de formation de l'univers.
Ils présupposent l'existence de plus de trois familles de quarks pour expliquer ce phénomène, mais le calme Kobayashi et le fougueux Maskawa divergent sur le nombre final.
Un jour, Maskawa, tout excité, se dit convaincu d'avoir trouvé un modèle théorique à quatre familles, mais Kobayashi, sur un ton ferme, mais calme, rejette cette thèse.
Le soir même, alors qu'il tente de se calmer dans son bain, Maskawa a soudain une illumination: il y a en fait six familles de quarks, a-t-il raconté mardi à l'agence de presse Jiji.
Les deux compères rédigent alors leur thèse et publient en 1973 un article qui fait date dans le monde de la recherche fondamentale: "la rupture de symétrie CP dans le renouvellement de la théorie des interactions faibles".
Adossés à ce modèle, ils ont poursuivi depuis leurs travaux dans leurs centres de recherches respectifs.
Après avoir débuté à l'université de Kyoto (centre-ouest), M. Kobayashi a intégré le centre de recherche sur l'accélérateur de particules de Tsukuba (nord de Tokyo), dont il est aujourd'hui professeur honoraire.
Il avait déjà décroché de nombreux prix au Japon et une récompense de la société américaine de physique, avant la récompense suprême du Nobel.
M. Maskawa est professeur honoraire à l'institut de physique des particules Yukawa, rattaché à l'université de Kyoto.
"Cela a peut-être été profitable que nous
ayons des personnalités aussi opposées", dit-il en évoquant le calme olympien de son collègue.
Des articles, des travaux personnels, des liens.
La science, la physique tout particulièrement,
est abordée dans sa dimension culturelle
et ses connections avec la psychanalyse.
○ Travaux orientés par la
psychanalyse.
○ Références de Jacques
Lacan.
○ Albert
Einstein.
Yves Lacroix vit à Bordeaux. Docteur en Physique